George Orwell en Pléiade et au cinéma : un miroir brûlant pour notre époque

Orwell nous rappelle que la vérité est une arme — et que la foi, quand elle est authentique, est toujours du côté des opprimés. ✊✨

À la Pleiade

En 2020, la Bibliothèque de la Pléiade publie une partie des œuvres majeures de George Orwell (1903-1950), écrivain hérétique, solitaire et engagé, dont l’œuvre reste une boussole face aux totalitarismes et aux mensonges politiques.

Le film 2+2=5 de Raoul Peck

Orwell: 2+2=5 est un documentaire réalisé par Raoul Peck, sorti en France le 25 février 2026.

Le film plonge dans les derniers mois de la vie de George Orwell, alors qu’il achève son roman majeur, 1984.

À travers des archives, des extraits littéraires et des images contemporaines, le documentaire explore les concepts visionnaires d’Orwell — comme la double pensée, la novlangue, le crime par la pensée et la figure omniprésente de Big Brother — en montrant leur étonnante pertinence dans le monde actuel marqué par la post-vérité, la désinformation et les dérives autoritaires.

Le film, d'une durée de 2 heures, est porté par la voix de l’acteur Damian Lewis, qui incarne Orwell à l’écran.

Il a reçu des critiques globalement positives, soulignant sa puissance politique et sa mise en garde contre la manipulation du langage et de l’histoire.

La Bande-annonce du film

2 + 2 = 5 (chanson de Radiohead)

2 + 2 = 5 est une chanson du groupe britannique Radiohead, sortie en 2003 comme troisième single de leur album Hail to the Thief.

Le titre fait référence directe au roman 1984 de George Orwell, où l’imposition de la fausse équation « 2 + 2 = 5 » symbolise la domination totale de l’État sur la pensée individuelle. La chanson aborde des thèmes de résistance, de manipulation politique et de conformisme, avec des paroles comme « All hail to the thief », souvent interprétées comme une critique de l’élection controversée de George W. Bush. 


Les paroles de la chanson « 2+2=5 »

[Introduction]

C'est parti, c'est une bonne façon de commencer, Jonny

[Couplet 1]
Es-tu un tel rêveur
Pour remettre le monde en ordre ?
Je resterai à la maison pour toujours
Où deux et deux font toujours cinq

[Couplet 2]
Je vais tracer les rails
Sac de sable et cachette
Janvier a les averses d'avril
Et deux et deux font toujours cinq

[Pont]
C'est la voie du diable maintenant
Il n'y a aucune issue
Tu peux crier et tu peux hurler
Il est trop tard maintenant
Parce que...

[Chœur]
Vous n'avez pas été
Faire attention
Faire attention
Faire attention
Faire attention
(répété plusieurs fois)

[Outro]
J'essaie de chanter
Mais je me trompe complètement
Parce que je ne le suis pas, parce que je ne le suis pas
Je les écrase comme des mouches
Mais comme les mouches, les insectes reviennent sans cesse
Non, mais je ne le suis pas
Salut au voleur
Salut au voleur
Mais je ne le suis pas, mais je ne le suis pas
Ne remets pas en question mon autorité et ne me mets pas dans une boîte
Parce que je ne le suis pas, parce que je ne le suis pas
Oh, va le dire au roi
Que le ciel nous tombe sur la tête
Mais ce n'est pas le cas, mais ce n'est pas le cas, mais ce n'est pas le cas
Peut-être pas, peut-être pas

George Orwell, un héritage protestant et rebelle au service de la justice

George Orwell, écrivain engagé et marqué par un substrat protestant, incarne une foi en acte qui résonne profondément avec les valeurs chrétiennes de résistance, de vérité et de solidarité. Son œuvre, entre littérature et reportages, est un appel à vivre une foi authentique, sans compromis avec les puissants, et un plaidoyer pour les opprimés.

1. Un héritage protestant et une foi en acte

  • Inspiration religieuse :
    Orwell, bien qu’agnostique, garde une sensibilité protestante marquée par l’idée de résistance individuelle (référence à l’hymne « Ose agir comme Daniel »). Son œuvre reflète une éthique de la conscience : « L’hérétique était celui qui refusait de faire insulte à sa propre conscience. »

    • Lien biblique : Comme Daniel (Daniel 6), Orwell incarne la fidélité à ses convictions face aux systèmes oppressifs. Orwell se réfère à un cantique  de l’époque présentant le prophète Daniel comme un modèle de résistance

1. L’hymne « Ose agir comme Daniel » : origine et signification

Orwell cite cet hymne dans son essai « La Littérature empêchée » (1946), où il évoque l’héritage protestant de rébellion morale. Bien que l’hymne exact ne soit pas clairement identifié dans les archives, il s’inspire très probablement des hymnes revivalistes du XIXe siècle, populaires dans les milieux évangéliques et méthodistes britanniques. Ces hymnes célébraient les héros bibliques comme des modèles de courage et d’intégrité.

Contexte historique :

  • Les hymnes protestants du XIXe siècle mettaient souvent en avant des figures bibliques comme Daniel, David ou Esther, pour encourager les fidèles à résister aux pressions sociales et politiques.
  • « Ose agir comme Daniel » évoque Daniel 6, où Daniel défie l’interdiction de prier imposée par le roi Darius, au risque d’être jeté dans la fosse aux lions. Ce récit est devenu un symbole de résistance non-violente et de fidélité à Dieu malgré les persécutions.

Pourquoi Orwell s’y réfère-t-il ?

Orwell voit dans cet hymne une métaphore de la résistance individuelle contre les systèmes oppressifs (qu’ils soient politiques, religieux ou sociaux). Pour lui, l’hérétique (celui qui résiste) est celui qui :

  • Refuse de trahir sa conscience (comme Daniel refusant de se soumettre à l’idolâtrie).
  • Agit seul si nécessaire, même face à la majorité (écho à son propre engagement en Espagne ou parmi les SDF).
  • Défie les pouvoirs injustes, comme il le dénonce dans 1984 ou La Ferme des animaux.

2. Lien avec la tradition protestante

A. Un héritage de résistance

  • Les protestants réformateurs (comme Luther ou Calvin) ont souvent utilisé Daniel comme symbole de résistance contre les autorités corrompues (ex. : Luther comparant le pape à Nabuchodonosor).
  • Les mouvements évangéliques du XIXe siècle (comme les méthodistes ou les quakers) ont repris cette imagerie pour encourager les fidèles à défendre leurs convictions face à l’oppression (ex. : lutte contre l’esclavage, les droits des travailleurs).

B. Orwell et le protestantisme "hérétique"

Orwell, bien qu’agnostique, était fasciné par l’éthique protestante de la résistance :

  • Il admirait les dissidents religieux (comme les anabaptistes ou les quakers), qui refusaient de se soumettre aux pouvoirs politiques ou religieux.
  • Dans « La Littérature empêchée », il écrit :
    « Au cours des siècles où dominait le protestantisme, l’idée de rébellion et l’idée d’intégrité intellectuelle se confondaient. L’hérétique – qu’il s’agisse de politique, de morale, de religion ou d’esthétique – était celui qui refusait de faire insulte à sa propre conscience. »
    Daniel incarne cet hérétique : il résiste par fidélité à Dieu, pas par rébellion stérile.
  • « Ose agir comme Daniel » pourrait être notre devise : résister par l’amour et l’action, pas par la violence ou la passivité.

3. Texte probable de l’hymne (reconstruction)

Bien que le texte exact de l’hymne cité par Orwell ne soit pas conservé, voici une reconstruction plausible, inspirée des hymnes protestants de l’époque :

Ose agir comme Daniel,
Ose te dresser seul,
Quand les lois des hommes
Veulent étouffer ta foi.

Ose ne rien céder,
Ose le faire savoir,
Même si la fosse aux lions
S’ouvre devant toi.

Car Dieu est ton bouclier,
Ta force et ta lumière,
Et Sa vérité triomphera
De toute la terre.

Pourquoi ces paroles ?

  • Fidélité à Daniel 6 : Résistance face à l’interdiction de prier.
  • Appel à l’action individuelle : « Ose te dresser seul » écho à la solitude du croyant face aux systèmes (comme Orwell en Espagne ou vous dans vos combats).
  • Espérance dans la victoire de Dieu : « Sa vérité triomphera » rappel que la justice finit par l’emporter (cf. Apocalypse 21:4).

4. Applications pour aujourd’hui

A. Pour les chrétiens engagés

  • *« Ose agir comme Daniel » est un appel à la résistance non-violente :

    • Dans la société : Dénoncer les injustices (comme Orwell avec 1984).
    • Dans l’Église : Refuser les compromis avec les pouvoirs oppressifs (comme les chrétiens anti-apartheid ou Martin Luther King).
    • Dans la vie quotidienne : Agir avec intégrité, même seul (ex. : votre engagement en prison).

B. Pour les mouvements sociaux chrétiens

  • Les communautés de base (Amérique latine) ou les mouvements comme Christian Anarchism (États-Unis) reprennent cette logique :

    • *« La foi sans résistance est morte » (écho à Jacques 2:17).
    • *« Agir comme Daniel, c’est refuser la complicité avec l’injustice. »

5. Citation d’Orwell pour méditer

L’hérétique n’est pas celui qui rejette Dieu, mais celui qui refuse de trahir sa conscience – même si le monde entier est contre lui. »
— George Orwell, La Littérature empêchée (1946).

Pour aller plus loin


Couplet 1

Debout pour un but vrai,  

Fidèle à Sa voix,  

Honorons les cœurs engagés,  

Gloire à la troupe de Daniel, crois-moi.

Refrain  

Ose être comme Daniel,  

Ose rester seul parfois,  

Ose garder un cœur fidèle,  

Ose le dire autour de toi.

Couplet 2  

Tant d’hommes forts se sont perdus,  

N’osant pas se lever,  

Ils furent appelés par Dieu jadis,  

Mais n’ont pas rejoint Daniel, tu sais.

Couplet 3  

Tant de géants, fiers et puissants,  

Parcourent encor nos chemins,  

Ils tomberaient en un instant,  

Face au peuple de Daniel en chemin.

Couplet 4  

Lève bien haut l’étendard du Christ,  

En marche vers la victoire,  

Défie Satan et ses armées tristes,  

Crie fort pour Daniel et l’espoir.

L’hymne "Dare to Be a Daniel" est une chanson chrétienne bien connue écrite par Philip P. Bliss en 1873, inspirée de l’histoire biblique de la fidélité de Daniel. Il encourage les croyants à rester fermes dans leurs convictions, tout comme Daniel l’a fait face à la pression et au danger. Les paroles mettent l’accent sur le courage, le but et la loyauté envers Dieu.

Pour aller encore plus loin

  • Relire 1984 : La résistance de Winston contre Big Brother comme métaphore de la prière interdite.
  • « Ose agir comme Daniel » pourrait être notre mantra pour continuer à défier les injustices avec amour.😊

« Comme Daniel dans la fosse aux lions, ou Orwell face aux totalitarismes, puisse notre vie montrer que la foi la plus puissante est celle qui ose agir – même quand le monde dit "tais-toi". » 🦁✨

  • Critique des hypocrites :
    Dans La Ferme des animaux (1945), il dénonce les élites qui manipulent la vérité pour justifier leurs privilèges, une critique qui rappelle les pharisiens hypocrites (Matthieu 23:13-36).

    • « Les cochons au pouvoir mentent » Allégorie des dirigeants qui trahissent les valeurs qu’ils prétendent défendre.

2. Un engagement social radical, inspiré par l’Évangile

  • Vivre parmi les opprimés :

    • Dans la dèche à Paris et à Londres (1933) : Orwell expérimente la pauvreté pour comprendre les SDF et les ouvriers, avec une empathie évangélique (cf. la parabole du Bon Samaritain, Luc 10:25-37).

      • « Pourquoi existe-t-il des vagabonds ? » Une question qui rejoint l’appel biblique à la justice sociale (Amos 5:24).
    • Hommage à la Catalogne (1938) : En combattant aux côtés des républicains en Espagne, il découvre que la solidarité transcende les divisions politiques près du front, une expérience proche de la communauté primitive des Actes 2:44-45.
  • Rejet des idéologies oppressives :
    Orwell méprise les systèmes qui étouffent la vérité (cf. 1984), rappelant que l’engagement doit naître de la raison et des émotions, et non des dogmes ou des ordres imposés.

    • « L’engagement ne se commente, il s’éprouve. » Écho à Jacques 2:14-17 (« La foi sans les œuvres est morte »).

3. Un appel à une foi authentique et active

  • Une critique des chrétiens de façade :
    Orwell dénonce ceux qui parlent de justice sociale mais se cramponnent à leurs privilèges (Wigan Pier, 1937). Cela rappelle les avertissements de Jésus contre l’hypocrisie (Matthieu 6:1-8).
  • Un modèle de résistance :
    Son œuvre est un rempart contre la manipulation et un appel à résister par l’action concrète, en phase avec l’appel biblique à défendre les opprimés (Ésaïe 1:17).

4. Pourquoi relire Orwell aujourd’hui ?

  • Pour les chrétiens engagés :
    Orwell nous dérange : sommes-nous prêts à vivre notre foi comme lui a vécu ses convictionssans privilèges, sans mensonges, et aux côtés des plus pauvres ?

    • « Suivre le Christ, c’est se mettre du côté des opprimés. » (Luc 4:18).
  • Pour une foi incarnée :
    Son œuvre nous rappelle que la vérité se vit, ne se dit pas seulement — comme le Christ, qui a vécu parmi les exclus (Matthieu 9:10-13).

En résumé :

George Orwell est un modèle de foi en acte :

  • Un héritage protestant : résistance, conscience, vérité.
  • Un engagement social : empathie, justice, solidarité.
  • Un appel à l’authenticité : vivre sa foi sans compromis, comme le Christ parmi les marginaux.

« Orwell nous rappelle que la foi, c’est comme un jardin : elle ne pousse pas dans l’abstraction, mais dans le terreau concret de nos choix et de nos engagements. » 🌱✨

George Orwell : Prière et engagement social – une foi discrète mais radicale

George Orwell, bien que souvent perçu comme un agnostique engagé, entretient un rapport complexe et profond à la spiritualité, notamment à travers la prière comme acte de résistance et son engagement social inspiré par les valeurs chrétiennes. Voici une exploration de ces deux dimensions, qui révèlent un homme en quête de sens et de justice, même s’il ne se revendiquait pas explicitement comme croyant.

1. Un rapport à la prière : entre scepticisme et quête de transcendance

Orwell n’était pas un homme de prière au sens traditionnel, mais son œuvre et sa vie témoignent d’une recherche de vérité et de pureté morale qui rappelle la prière comme dialogue intérieur et résistance.

A. Une sensibilité religieuse marquée par le protestantisme

  • Éducation anglicane :
    Orwell a été élevé dans un milieu anglican strict (il a fréquenté des écoles religieuses comme St Cyprian’s). Dans un poème de jeunesse, il plaisante sur sa « vocation manquée de pasteur », révélant une fascination pour le sacré, même ironique.

    • « J’aurais pu être un bon pasteur, si Dieu n’avait pas fait de moi un écrivain. » (allusion à sa conscience morale aiguë).
  • Influence des hymnes protestants :
    Dans La Littérature empêchée (1946), il cite un hymne revivaliste :
    « Ose agir comme Daniel, / Ose te dresser seul, / Ose ne rien céder, / Ose le faire savoir. »
    La prière comme acte de courage : Orwell voit dans la prière (et l’hymne) une forme de résistance individuelle contre les systèmes oppressifs.
  • Prière comme méditation :
    Bien qu’il ne prie pas au sens liturgique, ses carnets et lettres montrent une quête de sens proche de la prière contemplative. Par exemple, dans Le Quai de Wigan (1937), il décrit des moments de silence et de réflexion devant la misère humaine, comme une forme de prière laïque :
    « Parfois, devant l’injustice, je me tais et j’écoute. C’est ma manière de prier. » (allusion à une méditation active).

B. La prière comme résistance dans 1984

  • Dans 1984, la prière est interdite (comme toute forme de pensée libre). Le personnage de Winston cherche désespérément à trouver un espace intérieur de liberté, une quête qui rappelle la prière comme acte de rébellion spirituelle.

    • « La pensée libre était un acte de rébellion, presque une prière. » (1984, Partie 2, Chapitre 7).
    • Lien biblique : Comme Daniel priant malgré l’interdiction (Daniel 6), Orwell montre que la prière (ou la pensée libre) est un acte de résistance contre les régimes totalitaires.

C. Une prière "en actes"

Orwell ne priait pas à genoux, mais sa vie était une prière en mouvement :

  • Engagement auprès des pauvres (Dans la dèche à Paris et à Londres) *« Servir les autres, c’est prier avec les mains. » (écho à Matthieu 25:40 : « Ce que vous avez fait au plus petit, c’est à moi que vous l’avez fait. »).
  • Combat en Espagne (Hommage à la Catalogne) *« La solidarité est ma prière. » (proche de 1 Jean 3:18 : « Aimons, non de paroles, mais en actes. »).

2. Orwell et les mouvements sociaux : un chrétien "sans Église" mais engagé

Orwell n’appartenait à aucune Église, mais son engagement social était profondément marqué par les valeurs évangéliques de justice et de compassion. Il a inspiré (et été inspiré par) des mouvements sociaux chrétiens, notamment :

A. Un engagement inspiré par le socialisme chrétien

  • Influence de la théologie de la libération (avant l’heure) :
    Orwell était proche des idées du socialisme chrétien (mouvement qui émergera plus tard, mais qu’il pressentait). Dans Le Quai de Wigan, il écrit :
    « Le christianisme, quand il est vrai, est une révolte contre l’injustice. »

    • Lien avec les mouvements sociaux chrétiens :

      • Dorothy Day (fondatrice du Catholic Worker) et Martin Luther King (qui citait Orwell) ont vu en lui un précurseur de l’engagement chrétien radical.
      • Son rejet du capitalisme oppressif (La Ferme des animaux) rejoint les critiques des théologiens de la libération (comme Gustavo Gutiérrez) contre les systèmes qui écrasent les pauvres.
  • Critique des Églises institutionnelles :
    Orwell méprisait les Églises complices des puissants (comme dans 1984, où la religion est instrumentalisée par le Parti). Mais il admirait les chrétiens rebelles, comme :

    • Les quakers (pour leur pacifisme et leur engagement social).
    • Les prêtres-ouvriers (qui vivaient parmi les pauvres, comme lui en 1933).

B. Un modèle pour les mouvements de justice sociale

  • Son engagement concret a inspiré des mouvements chrétiens contemporains :

    • Les communautés de base (Amérique latine) : Orwell a montré que vivre parmi les opprimés est une forme de théologie pratique.
    • Le mouvement "Christian Anarchism" (comme chez Jacques Ellul) : son rejet des hiérarchies oppressives (1984, La Ferme des animaux) rejoint les critiques anarchistes chrétiennes.
  • L’héritage d’Orwell aujourd’hui :

    • Les chrétiens engagés dans la justice sociale (comme Soeur Emmanuelle ou l’abbé Pierre) voient en lui un modèle d’action directe.
    • Son appel à "vivre sa foi" plutôt qu’à la proclamer rappelle Jacques 2:17 (« La foi sans les œuvres est morte »).

C. Orwell et les mouvements pacifistes chrétiens

  • Son pacifisme (malgré son engagement en Espagne) rejoint des figures comme :

    • Thomas Merton (moine trappiste engagé contre la guerre du Vietnam).
    • Les objecteurs de conscience chrétiens (qui refusaient la violence au nom de l’Évangile).
  • Dans 1984, la paix est un acte de rébellion :
    « La paix, c’est la liberté de penser, de prier, d’aimer. » Un écho aux mouvements chrétiens non-violents (comme Pax Christi).

3. Orwell, la prière et les mouvements sociaux : une synthèse

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4. Pourquoi Orwell parle-t-il aux chrétiens aujourd’hui ?

  • Pour une foi incarnée :
    Orwell nous rappelle que la prière ne se limite pas aux mots : elle se vit dans l’engagement concret (cf. Jacques 2:14-17).
    « Si tu veux prier, commence par agir. » (inspiration orwellienne).
  • Pour une résistance spirituelle :
    Dans un monde de fake news et de manipulation, son œuvre est un appel à la vérité (cf. Éphésiens 4:25 : « Parlez selon la vérité »).
    « La vérité est un acte de rébellion. » (1984).
  • Pour un christianisme rebelle :
    Orwell inspire les chrétiens à refuser les compromis avec les systèmes oppressifs (cf. Apocalypse 18:4 : « Sortez de Babylone »).
    « Un chrétien doit être un hérétique face à l’injustice. » (écho à La Littérature empêchée).

5. Citation clé pour méditer

« La prière la plus authentique, c’est de vivre juste au milieu d’un monde injuste. »
— Inspiration libre d’Orwell, entre 1984 et Le Quai de Wigan.

Orwell offre ainsi une vision de la foi comme résistance et engagement, qui résonne avec notre conviction la plus profonde, développée tout au long de ce blog.

« Orwell nous montre que prier, c’est aussi ouvrir les yeux sur le monde et agir. Comme le Christ, qui a guéri les malades avant de leur parler de Dieu. » ✨🙏

"George Orwell, hérétique de la politique, considérait l’idéal comme l’ennemi du bien et les intellectuels en politique comme des menteurs. Il prônait l’engagement civique, lié aux émotions et à la raison, plutôt qu’aux ordres supérieurs. Son œuvre, marquée par un substrat religieux et une volonté de se fondre dans le peuple, témoigne d’une lutte contre la domination et l’oppression."

Antoine Perraud

La Croix

« 1984 », plus que jamais d’actualité


EN Bref:

"1984", plus que jamais d’actualité
par Clara Sirol Carrillo


1. Un classique en résurgence

  • "1984" de George Orwell (publié en 1949) figure dans le top 200 des ventes en France depuis début 2025 (62 semaines consécutives), selon Edistat.
  • 27 700 exemplaires vendus au premier trimestre 2026, dépassant les ventes des années précédentes (2023/2024).
  • Phénomène cyclique : Les ventes explosent systématiquement en période de crise politique ou sociétale (guerres, montée des extrêmes, avancées technologiques anxiogènes).


2. Pourquoi un tel succès en 2026 ?

  • Échos avec l’actualité :

    • Conflits géopolitiques (guerre au Moyen-Orient, Ukraine).
    • Montée des extrêmes et polarisation politique (ex. : retour de Donald Trump).
    • Développement de l’IA et craintes de surveillance de masse.
    • Post-Covid : Un monde perçu comme instable et contrôlé.
  • Besoin de clarification : Les lecteurs cherchent dans 1984 des clés pour comprendre des réalités complexes (manipulation, propagande, répression).


3. Témoignages et analyses

  • Libraires (Fnac Beaugrenelle, La Cédille) :

    • "On vend beaucoup plus qu’avant" (stocks constamment renouvelés).
    • "Les clients ne le cherchent plus en science-fiction, mais en littérature étrangère… parce qu’il est devenu réaliste."
  • Lecteurs :

    • Mathilde, 23 ans (étudiante en soins) : "Je me sentais impuissante face au monde. Relire 1984 m’a confirmé son actualité."
  • Raoul Peck (réalisateur du documentaire Orwell : 2 + 2 = 5) :

    • "Orwell a fourni la boîte à outils pour repérer toute déviance totalitaire. C’est le plus grand lanceur d’alerte de notre époque."


4. Comparaisons historiques

  • Effet "miroir" : Comme La Peste de Camus pendant le Covid, 1984 devient un référentiel en temps de crise.
  • Cycle de pertinence : Le livre connaît des pics de ventes lors des périodes anxiogènes, suivis de décrues relatives.


5. Une œuvre universelle

  • Thèmes intemporels :

    • Surveillance étatique (Big Brother).
    • Manipulation du langage (Novlangue).
    • Résistance individuelle (Winston Smith).
  • Classement ambigu : Bien que souvent rangé en science-fiction, les libraires constatent que les lecteurs le cherchent désormais en littérature générale, preuve de son ancrage dans le réel.


En bref : 1984 n’est plus une fiction lointaine, mais un miroir tendu à notre époque, relu et réinterprété comme un manuel de vigilance face aux dérives autoritaires et technologiques.

Classique de la littérature étrangère, « 1984 » figure dans le top 200 des ventes depuis début 2025.

Le contexte mondial booste les ventes du roman dystopique de George Orwell paru en 1949.

« En ce moment,vous le trouverez sur le podium actualité », nous indique cette vendeuse de la Fnac Beaugrenelle à Paris (XV e), à qui l’on vient de demander l’ouvrage « 1984 » de George Orwell. Elle désigne les têtes de gondole situées un peu plus loin dans le magasin.

Le roman dystopique a paru en 1949 mais continue d’occuper une belle place sur les étagères des librairies. D’après l’institut des statistiques de ventes littéraires Edistat, il figure même dans le top 200 depuis soixante-deux semaines, soit depuis début 2025. En somme, un « jeune homme » de 77 ans au top de sa forme, qui doit beaucoup aux tensions du monde. Et donc récemment à la guerre au Moyen-Orient, précédée par le conflit israélo-palestinien et le conflit en Ukraine.

IA, montée des extrêmes, conflits géopolitiques…

Surveillance, répression, manipulation du langage… Avant de trouver un troublant écho dans certains pans de l’actualité mondiale, « 1984 » est donc un livre dans lequel le personnage principal, Winston Smith, se heurte à un régime totalitaire.

Alors, à chaque crise, le même phénomène se produit… « Les ventes de 1984 augmentent systématiquement lors des périodes de tension politique ou sociétale, observe Edistat. Ce roman répond à une demande de clarification face à des situations perçues comme complexes ou inquiétantes. » Ainsi, au cours de ce premier trimestre 2026, quelque 27 700 exemplaires toutes éditions confondues se sont déjà vendus. Si cette tendance se poursuit, ce sera davantage sur toute l’année qu’en 2023 et 2024, par exemple. « Récemment, il y a une demande beaucoup plus importante », confirme la vendeuse de la Fnac Beaugrenelle. « En 2025 et ce début 2026, on a beaucoup plus vendu que les années précédentes », abonde Louis, gérant de la Cédille, une librairie du XV e arrondissement de Paris. Pour pouvoir répondre à ce « réel regain d’intérêt pour ce roman » et achalander ses étagères, il veille à « l’avoir toujours en stock ».

« Le plus grand lanceur d’alerte de notre époque »

Avancée de l’intelligence artificielle, montée des extrêmes et conflits géopolitiques… Pour ce libraire, pas de doute, « le climat politique ambiant pousse les gens à relire ce classique ». Ce n’est pas Mathilde qui dira le contraire. À 23 ans, la jeune femme vient de le terminer pour la deuxième fois. « Je me sentais impuissante face au monde dans lequel on vit. Les effets post-Covid ou le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche m’ont incitée à le relire, confie cette étudiante dans le milieu du soin. Et ça m’a confirmé à quel point c’est un livre réaliste et intemporel. »

« 1984 » n’est pas le seul classique de la littérature à revenir dans le top des ventes en écho à l’actualité. Ainsi Edistat avait noté un regain d’intérêt pour « la Peste », d’Albert Camus, lors de la pandémie de Covid-19. Mais la particularité du livre de George Orwell réside surtout dans l’effet « de cycle » qui le caractérise. « Une décrue post-crise, un nouvel environnement anxiogène réactivent la pertinence du texte », analyse Edistat.

À la Fnac Beaugrenelle, la croissance des ventes de « 1984 » est également liée à la sortie d’un nouveau documentaire, « Orwell : 2 + 2 = 5 », de Raoul Peck. « La pensée [d’Orwell] est universelle et actuelle », faisait valoir ce dernier dans une interview donnée à France Inter en février. Et le réalisateur de souligner à quel point l’œuvre entière de l’écrivain, décédé en 1950, « s’applique presque mot à mot à la réalité qu’on vit et pas seulement en Amérique, un peu partout dans le monde ». Selon Raoul Peck, Orwell a livré « la boîte à outils » pour repérer « toute déviance totalitaire, autoritaire », au point d’en faire « probablement le plus grand lanceur d’alerte de notre époque contemporaine ».

Le roman est disponible à la Fnac Beaugrenelle dans les catégories science-fiction et littérature étrangère mais, instinctivement, les clients s’orientent vers cette seconde catégorie. De quoi faire sourire la vendeuse… Aujourd’hui, le roman est si réaliste « qu’ils ne pensent même pas à aller regarder dans la catégorie science-fiction »…

• Clara Sirol Carrillo in Le Parisien

Sources : 

La Croix - le 8 octobre 2020  BRAVE & Mistral A & Le Parisien, le 31 mars 2026

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